level 17
117060 XP
27 ans, vélivole passionné, pilote de détection des feux de forêt dans le nord du Québec sur Cessna 182RG et premier-officier sur King Air A100 pour Grondair.
Alexandre Gotillot
N’ayant pas volé le week end dernier pour cause de grosse cui…de fête chez des amis, j’attendais ce week end avec impatience. Arrivé mercredi, je commence le traditionnel check météo : épluchage des sites existants et des prévisions plus ou moins viables, rencontre avec ma voisine Mme Irma, danse du soleil et autres trucs et astuces communs au monde vélivole.

Globalement, les prévisions s’annoncent assez médiocres : risque d’orage mitigé à fort sur la plus grande partie de la journée. Bah. Tout le monde le sait, que sous un orage, ça monte.

Du coup samedi me voilà au terrain. La météo n’est pas terrible : un voile d’alto stratus empêche la convection et un vent d’environ 10-15kt me tape sur les nerfs. On briefe quand même, on me promet un lâché machine sur le Cirrus Standard du club…si le vent tombe. Je ne suis moi-même pas trop à l’aise à l’idée de piloter cette bestiole avec ces conditions. Je prend tout de même le manuel de vol afin de potasser. Tiens, il n’a pas de polaire ? Original. Le président-instructeur du club me pose 2-3 questions pour voir ce que j’ai retenu : rien. Je me fais avoir comme un bleu sur la VS, et sur la VOA. De toute façon le vent passe à 15-20kt, rafales à +20. Pas lâché Cirrus aujourd’hui.

0
Début du vol, sous du sombre...

0
Rhône et montagne de l'Épine au fond...ça se charge doucement mais sûrement.

0
Pas mieux.

Au vu des conditions je préfère laisser mon fidèle destrier (LS1D Hotel Fox) au chaud et prendre le monoplace trainer du club, l’Astir Jeans. En plus, il est plus facile à sortir. Arrive 15h, on se rend compte que des cumulus se forment un peu partout, il nous en faut pas plus ! On décolle. Cependant les cums tournent vite en congestus. Après un décollage plus que rock’n roll, le remorquage reste dans le thème. Je suis le troisième et dernier pèlerin à prendre l’air. Arrivé à 900m sous un énorme CU à la base bien noire et déchiquetée, le vario se bloque à +5m/s. J’attends, pas de variation, je largue. Dégagement, bye bye au ventilo et prise de l’assiette de référence, je rejette un coup d’œil au vario : +5m/s. En 5 tours je passe de 900 à 1650m. Propre. Je reste sous celui là et je ne le lâche pas. Ceci dit avec l’étalement qu’il a, j’ai de quoi me balader déjà. +2m/s en ligne droite, à 120, c’est pas tous les jours.

0
Le Bugey, bien chargé aussi.

0
Oooh, la belle barbule!

Cependant, on ressent bien les conditions orageuses. La masse d’air est plus qu’agitée, on ne distingue qu’à peine les contreforts Alpins, et c’est bien noir. Je joue pendant une bonne heure avec les barbules déchiquetées de la base, mais le vent repousse le cum vers les Alpes, et il me faut de quoi rentrer. C’est finalement un éclair aperçu au loin (mais pas très loin non plus) qui me pousse à rentrer. J’en avise également mon chef pi, qui est en l’air dans le secteur.

0
Un étalement sympathique, au début du vol.


0
Rhône & Bugey.

Arrivé sur Morestel, le ciel est clair et je vois bien le Cunimb sous lequel j’évoluais. Belle bête. Les conditions sont encore moins bonnes qu’au départ, avec un vent qui force à 20kt presque stabilisés et une masse d’air bien chahutée. J’arrive malgré tout à me choper un petit +2m/s bien chiadé à tenir. Le chef pi, qui emmène un pax non vélivole, ne se permet pas d’essayer de le tenir de peur d’avoir à nettoyer le planeur ensuite, et rentre se poser. À peine posé, il me fait un point à la radio : « Bon ça secoue bien, c’est la merde alors fait bien gaffe à l’attero. N’hésites pas à majorer. Prend 120km/h, et décale bien ton point d’aboutissement. » Au moins, je suis fixé.


0
Le soleil brille toujours, au dessus des nuages.

Après moins de 5 minutes, il me signale l’expulsion d’air froid signifiant l’arrivée de l’orage. Faut que je me radine fissa avant d’être pris dans un maelström de foudre, grêle et angelots volant sur le dos en s’accrochant à leurs auréoles. Il me semble bien loin pour nous mais bon, c’est lui le chef. En rejoignant le circuit je constate en effet une belle dérive, plus marquée qu’il y a quelques minutes seulement. Un coup d’œil à la biroute me le confirme : en bas, ça souffle. Je fais donc ma prise de terrain rapprochée, majorée et en respectant bien les conseils du patron, qui en plus me regarde d’en bas. La pression. En finale, le badin passe de 120 à 90 puis revient à 120 au grès des turbulences. Enfin bon, une fois qu’on y est… J’arrondis, tombe sur place et plaque le Mumu (surnom donné à notre Astir Mike Uniform) sur le plancher des vaches. Posé pas cassé, c’est gagné ! 1h45 de vol pendant laquelle ça secoue, c’est crevant en fait.

0
Le copain qui m'a porté tout le long de ce vol... il a tout de suite l'air moins amical vu d'ici. Bon aller, je rentre.